Dénomination de lieux : d’illustres roquebrunois à jamais dans la mémoire de notre Commune

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Afin de rendre hommage à des personnalités ayant marqué l’histoire de la Commune, la Ville a souhaité dénommer trois nouveaux lieux publics, au Village. Désormais, le passage situé entre l’avenue Gabriel Péri et le square Joseph Lorenzi porte le nom de « Passage André Martin », la place située dans le prolongement du boulevard de la Liberté se dénomme « Place de la Liberté – Emile Bresc » et la Maison du Patrimoine, qui se trouve impasse Barbacane, s’appelle « Maison du Patrimoine – Docteur Jean Landréat ». Lors de son discours, Monsieur le Maire a rappelé le remarquable parcours de chacun d’entre eux.

André Martin : artiste et résistant

« André Martin est né en 1907 à Roquebrune et était issu d’une vieille famille roquebrunoise. Il a appris la ferronnerie, la ferronnerie d’art, a appris aussi la serrurerie à Cannes, puis ensuite la mécanique automobile. Il a effectué son service militaire au Maroc avec d’autres roquebrunois, tels que Fernand Chauvier et Arthur Thomas, dans le RIF, en tant que mécanicien d’avion. A son retour, André Martin a ouvert le premier garage de Roquebrune avec une pompe à essence traditionnelle, avenue Gabriel Péri : il fallait justement pomper pour avoir de l’essence !

Lors des travaux de réfection du Monastère Notre-Dame de Pitié, il a réalisé la ferronnerie dont le très beau portail du chœur de la Chapelle. Il fut mobilisé lors de la deuxième Guerre Mondiale, et envoyé dans Nord de la France, dans la DCA. A sa démobilisation il a repris son garage et a beaucoup aidé la résistance. Ce garage étant lieu de rassemblement, de convivialité, d’amitié. Il a continué son activité jusqu’à un âge avancé puisqu’il a pris sa retraite à 72 ans, tout en s’occupant également de ses vignes.

Nous avons aussi souhaité que le passage récemment réhabilité selon une proposition d’Alain Escoffier, conseiller de quartier et voisin, qu’il empruntait régulièrement pour se rendre à son jardin, porte désormais son nom. »

Emile Bresc, un patriote exemplaire

« Emile Bresc, né à Roquebrune en 1904, était Adjudant-chef des troupes coloniales. Après avoir débarqué à l’Île d’Elbe, sous le feu des Allemands, puis séjourné en Corse, Emile Bresc se trouvait à Naples quand il s’était porté volontaire pour une mission tenue secrète. Le 14 août, un colonel américain lui expliqua enfin qu’il débarquerait le lendemain sur les côtes varoises et qu’il serait un des guides des troupes du 180ème régiment d’infanterie US, venu de l’Oklahoma, l’objectif étant de repousser les positions allemandes situées au Col du Bougnon. Emile Bresc se trouva ainsi sur la première péniche de débarquement qui accosta sur la plage du Val d’Esquière plage aux Issambres, bien sûr, dont la stèle inaugurée cet été, est le témoignage. Les Allemands n’offrirent aucune résistance, Emile Bresc guida ensuite la troupe jusqu’à la vallée du Fournel via le Col du Bougnon. C’est à proximité de la Grande Bastide que les américains essuyèrent le feu d’une batterie allemande située non loin de ce qui est aujourd’hui l’entrée du golf des Planes. Emile Bresc rampa jusqu’à la ferme de Louis Ollivier qui lui situa avec précision l’emplacement de la batterie… et qui l’invita à souper et à dormir chez lui, solidarité roquebrunoise oblige.

Il passa ensuite, accompagné de ses compagnons d’armes, en libérateur au Muy, à Vidauban, à Carcès… Trois mois plus tard, la mission d’Emile Bresc au sein de l’armée US se termina en Alsace. Il rejoignit ensuite les troupes coloniales. Le 180ème « Thunderbird » continua sa route jusqu’à Munich et libéra même le camp de Dachau. Emile Bresc est démobilisé le 16 juillet 1945 et rejoint son domicile de Draguignan.

Il était normal que cette place de la liberté portât désormais son nom en hommage au libérateur de Roquebrune au libérateur de la France, au héros roquebrunois qu’il fut. »

Jean Landréat : le médecin du village passionné d’histoire et de patrimoine

« Le Docteur Jean Landréat est né en 1922 à Saint Etienne du Rouvray. Il a fait ses études de Médecine à Paris et était ancien Interne des Hôpitaux de Paris. Il s’est installé à Roquebrune au début des années 1950. Son cabinet se situait au 34 avenue du Général De Gaulle, il a pratiqué seul la médecine jusqu’en 1978 puis il s’est associé avec le Docteur Layet.

 En 1989, à 67 ans, il cesse son activité professionnelle pour profiter de sa retraite et s’investir toujours plus dans sa grande passion : le Patrimoine Roquebrunois qu’il a toujours défendu avec force. Ainsi, il a été président du Comité des Sites de Roquebrune jusqu’en 2010. Il a aussi été avec Guy Miramon et François Puigdellivol l’instigateur des fouilles archéologiques des grottes de la Bouverie. Sa passion et son érudition pour l’histoire, pour la préhistoire, pour l’archéologie étaient immenses et communicatives. Il a participé au classement du Rocher en 1989. Il a été aussi Conseiller Municipal durant le mandat de Robert Manuel.

Co-auteur de nombreux ouvrages sur Roquebrune nous avons ainsi rédigé avec André Abbe le 1er ouvrage sur l’Histoire de Roquebrune intitulé « Des bords de l’Argens au sommet du Rocher » qui nous a valu les honneurs de la télé, un livre de référence qui a connu un grand succès. Il participe ensuite à la rédaction d’autres ouvrages notamment sur le Rocher, s’investissant aussi pour son classement, sur les Eglises et Chapelles, sur « Le temps retrouvé » à Roquebrune à l’aide de cartes postales et de photos anciennes. Il a écrit de nombreux articles remarqués et remarquables dans les « Chroniques de Sainte-Candie ».

La Maison du Patrimoine, après les expositions organisées à la Chapelle Saint-Jacques, fut son oeuvre… Je me souviens encore de notre incursion au Monastère de Notre-Dame pour récupérer, en accord avec le Père Prieur, les magnifiques ex-voto qui y étaient exposés, ce qui a permis de les restaurer voire de la sauver. Ils valorisent aujourd’hui la Maison du Patrimoine grâce au Docteur Landréat.

Le Docteur Landréat a marqué la vie et l’histoire de notre Commune. En accord avec Françoise, sa fille, il était normal que la Municipalité lui rendît l’hommage qu’il mérite, en donnant son nom à la Maison du Patrimoine, à sa Maison du Patrimoine. »